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Ville de Nemours
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[ l’Histoire en histoires… ]

[ épisode 1 – une rue ]

Rue Gautier Ier

Rue principale de Nemours pendant très longtemps et toujours rue principale du centre-ville, rue commerçante depuis les origines de la ville au XIIe siècle, la rue Gautier Ier changea de nom au gré des circonstances. D’abord Grande-Rue au Moyen-Âge, puis rue du Palais à partir de 1681, rue du Tribunal dès 1793 (le tribunal tenait alors audience au château), rue du Foin et enfin rue du Château, la rue ne prit son nom de rue Gautier Ier qu’en 1935. Et ce fut à juste titre, Gauthier Ier de Villebéon ayant fondé la ville.

Alors, Gautier ou Gauthier ? Initialement, Gauthier prend un « h ». C’est une décision orthographique qui le lui a fait perdre !

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[ épisode 2 – 1re partie – un personnage ]

Gauthier Ier (1125 – 1205) – sa vie

 

Seigneur de Beaumont-en-Gâtinais par son père et de Villebéon par sa mère, Gauthier n’a pas 25 ans quand il se joint à la deuxième croisade dont il rentre vivant (fait déjà notable !). C’est par son mariage avec Aveline de Château-Landon, en 1150, qu’il devient seigneur de Nemours. Entrant alors au service du roi de France Louis VII, il en devient très rapidement le Grand Chambellan, l’équivalent de notre Premier ministre. Gauthier Ier aura huit enfants, dont sept garçons. Trois d’entre eux deviendront évêques.
Il s’éteindra à l’âge canonique de 80 ans et sera enterré auprès de Louis VII. Par testament, il lègue des lots égaux à chacun de ses quatre fils restés laïcs. Voilà qui est d’une grande modernité pour l’époque. L’usage voulait alors que le seul fils aîné hérite de l’ensemble des biens.

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[ épisode 2 – 2e partie – un personnage ]

Gauthier Ier (1125 – 1205), bâtisseur – le château

 

Seigneur de Nemours par son mariage, c’est en réalité sur les hauteurs de Saint-Pierre-lès-Nemours que résidait d’abord Gauthier Ier. Le territoire de Nemours n’était alors composé que de marécages insalubres, le rendant peu hospitalier. En revanche, située aux confins du royaume de France, et marquant la frontière avec le comté de Champagne, la rive gauche du Loing se distinguait par sa situation géographique unique. C’est donc là que Gauthier Ier, alors au service du roi de France Louis VII, fit entreprendre, en 1170, l’édification du château que nous connaissons. Massif, imposant, le château est appelé à témoigner de la puissance du roi de France et à dissuader toute vélléité de conquête de la part des comtes de Champagne, ennemis du roi. Se dressant fièrement face aux terres adverses, il se veut le gardien du royaume.
Mais Gauthier Ier ne s’en tiendra pas au château. Et c’est, en très peu de temps, toute la ville de Nemours qu’il va finir par fonder.

Légende de l’image :
Elévation du château, façade sur le Loing avant les restaurations de 1901.
Ce relevé a été exécuté par M. Déchaussé, architecte, au moment où l’on projetait d’installer un Hôtel de Ville au château avant la création du musée municipal en 1901. Il appartient à une série de planches conservées au Château-Musée figurant notamment des projets de restauration du château en « gothique troubadour ».

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[ épisode 2 – 3e partie – un personnage ]

Gauthier Ier (1125 – 1205), bâtisseur – l’église

 

Parallèlement à l’édification du château, Gauthier Ier entreprit de faire également bâtir une église.
L’histoire prend racine vers 1145. À cette période, Gauthier Ier accueille sur ses terres les religieux de l’Ordre de Saint-Augustin, qui rapportent de leur croisade une relique de saint Jean-Baptiste. Le seigneur de Nemours y voit l’occasion de concurrencer le culte voué à saint Mathurin à Larchant, et d’asseoir son prestige. Après tout, Jean-Baptiste n’est-il pas le propre cousin du Christ ?! La nouvelle se répand très vite, attirant de nombreux pèlerins. C’est le début de l’essor économique de la ville. Encouragés par le flux de visiteurs, des marchands et aubergistes s’installent. La ville s’agrandit. Gauthier Ier est rapidement contraint de faire construire un hôtel-Dieu (un hôpital) et une maladrerie, afin de répondre à une demande croissante. Une rue passant devant l’église est tracée, depuis le pont jusqu’au château. Dans cette rue se concentre toute l’activité économique de ce que nous pouvons désormais appeler une ville : Nemours.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 4 – une place ]

Place Jean Jaurès

 

En partant de l’église, et en passant devant le château, on arrivait place au Blé, ou place du Marché au Blé (actuelle place Jean Jaurès). S’étendant depuis les Petits Fossés (actuelle rue du Pont Rouge) jusqu’à la deuxième cour du château et au moulin, la place accueillait le négoce du blé. On y vendait et achetait la précieuse céréale, non sans s’acquitter d’un impôt, ce jusqu’en 1775, date à laquelle un édit établit la liberté du commerce des grains (contre toute attente, cette décision mit le feu aux poudres et provoqua des émeutes, qui durèrent près d’une année !).

La place au Blé offrait des commodités appréciées par les marchands et laboureurs : un puits public, où tirer de l’eau pour abreuver les bêtes, et deux auberges, celle des « Trois rois » et celle de « La Croix blanche », où se restaurer aisément.

Outre le blé, s’y négociaient également les chevaux, dans sa partie nord.

Véritable poumon économique de la ville, la place au Blé attirait les notables. De belles demeures bourgeoises y furent bâties, dont celle de Thomas Roux, avocat du roi.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 5 – une rue ]
Rue du Pont-Rouge

Non loin de la place au Blé (actuelle place Jean Jaurès) se trouvait naturellement… la rue du Four à Bois. C’est là que se trouvait le four à pain de la ville, un four commun qui permettait aux habitants de manger du pain frais tous les jours, sans avoir à prélever sur sa propre réserve de bois. Naturellement, ce service n’était pas gratuit… Et la taxe devenant de plus en plus lourde, certains fours privés apparurent, qui connurent vite un grand succès. Ce furent les premières boulangeries. La rue du Four à Bois devint alors simplement la rue du Four, avant d’être rebaptisée rue du Pont-Rouge. En effet, la population étant excédée par le souvenir du montant des taxes pratiquées au four, il apparut sage de trouver à la rue un nom plus neutre… Or, c’est avec nostalgie que les habitants évoquaient un pont en bois peint en rouge, surplombant les petits fossés, et emporté par une crue en 1784. En 1881, la rue devint donc rue du Pont-Rouge. Cette même année, décision fut prise de faire construire un nouveau pont, en pierre, cette fois !

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 6 – un bâtiment ]

Les moulins de la ville
Ce ne sont pas moins de trois moulins à aubes qui furent bâtis dans les dépendances du château, en même temps que le château lui-même, dans la seconde moitié du XIIe siècle. Ces moulins à blé permettaient aux habitants de la ville, moyennant finances, de faire moudre leur grain pour obtenir la belle farine qui ferait leur pain.
En 1197, Gauthier 1er accorde aux religieux de l’Hôtel-Dieu (l’hôpital) une exemption du droit de mouture. Et, en 1205, le même Gauthier 1er alloue à l’abbaye de Barbeau-sur-Seine la perception d’une redevance sur ces moulins. Au fil du temps, l’abbaye devient propriétaire pour un quart des moulins, les trois autres quarts restant la propriété des seigneurs de Nemours.
En 1720, deux des moulins restent à la disposition des habitants quand le troisième est réservé aux seuls boulangers. Le droit de mouture représente alors le seizième du grain de la Saint-Jean (le 24 juin) à Noël, puis du douzième de Noël à la Saint-Jean.
Le 10 juillet 2014, la Ville s’est portée acquéreur des moulins, participant ainsi à compléter et préserver le patrimoine de Nemours.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 7 – un bâtiment ]

le porche du musée

 

En 1672, l’entrée du château, devenu inhabitable, se faisait par la place au Blé (actuelle place Jean Jaurès). L’entrée elle-même, très endommagée, ne permettait plus guère d’accèder au bâtiment. Or, Anne Hédelin, Lieutenant-Général du bailliage de Nemours, décida d’installer au château l’administration du bailliage et d’y transférer la prison, alors place Saint-Jean (actuelle place de le République). Bénéficiaire d’une forte somme d’argent allouée par le Duc d’Orléans, Anne Hédelin entreprit les travaux de restauration nécessaires au château. Dans la foulée, il acheta la maison fermant la cour principale du château, entre le 28 et le 30 de l’actuelle rue Gauthier 1er, et y fit percer le porche que nous connaissons et qui ouvre sur le château. Sous les armes de la ville, Anne Hédelin fit poser une plaque à la gloire de Philippe, frère du roi Louis-le-Grand. La plaque sera retirée en 1793 et l’inscription « musée » gravée plus tard à son emplacement.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 8 – 2e partie – une place ]

Place de la République – après 1791

 

1791 marque un tournant dans l’histoire de la place de la République, alors place Saint-Jean. Outre la destruction des halles, l’année marque encore le déplacement de l’hôtel-Dieu bâti par Gauthier Ier. Jusque là situé à proximité immédiate de l’église, il est transféré, dans le bâtiment de l’actuelle mairie.
La croix posée devant l’église ayant déjà été déplacée à l’entrée de Nemours en 1755, la place semblait vide. Il fallut attendre 1885 pour qu’y soit dressée une statue d’Étienne Bezout. Cette statue sera à son tour déplacée en 1970 dans la cour de la mairie, quai Victor Hugo.
Enfin, c’est à Charles Hochart, maire de la ville de 1983 à 2001, que nous devons le visage actuel de la place. Des marronniers y furent plantés, la fontaine commandée, des bancs et des réverbères installés.
C’est en 1909 que la place changea de nom. C’est donc bien la place de la République, et non plus la place Saint-Jean, qui fut inondée par la crue de 1910…

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 9 – un bâtiment ]
33, place de la République

 

L’histoire débute le 29 juin 1647 par un incendie ravageant un pâté de maisons situées place Saint-Jean. Anne Hédelin, rachète les ruines, ainsi que quelques bâtiments contigus, et y fait bâtir un hôtel particulier, dit hôtel de bailliage, s’ouvrant sur la place par un porche au n°33, et dont le jardin clos donnait sur l’actuelle rue Bezout. La maison connaîtra nombre de personnages illustres !
À commencer par François Hédelin, l’abbé d’Aubignac, frère d’Anne, précepteur du neveu du cardinal de Richelieu, mais surtout écrivain, dramaturge, théoricien du théâtre classique, et connu pour ses querelles avec Pierre Corneille. Il occupera les lieux jusqu’à sa mort le 25 juillet 1676.
Louis Hédelin, frère d’Anne et François, lui succèdera. Dès lors, la maison restera dans sa lignée à peu près deux siècles. C’est son arrière petit-fils, M. Le Petit, qui y accueillera le pape Pie VII, venu, en 1804, rencontrer Napoléon à la Croix de Saint-Hérem, sur la route de Fontainebleau. Le pape y recevra alors les notables de Nemours, venus lui rendre hommage.
Et c’est aussi là que logèrent les princesses Marie-Thérèse et Marie-Joséphine de Savoie, venues en France épouser les comtes de Provence et d’Artois.
En 1895, la maison devint une étude de notaire.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 10 – une famille ]
La famille Hédelin

 

Claude Hédelin, originaire de Souabe, s’établit à Nemours à l’aube du XVIIe siècle. Et c’est en 1603 qu’il y épouse Catherine Paré, qui n’est autre que la fille d’Ambroise Paré, médecin de renom et chirurgien du roi. Érudit, homme de Lettres, Claude Hédelin transmet son amour des belles choses à ses nombreux enfants, douze pour être exact. Parmi eux : François, dit François d’Aubignac (voir article du 14 mai), et Anne, Lieutenant-Général de Nemours. Anne joua un rôle de premier plan à Nemours, où il prit une part active aux travaux d’urbanisme de la ville, libérant, en particulier, la place Saint-Jean (actuelle place de la République), de ses prisons, qu’il fit transférer au château. Quatre générations plus tard, à la fin du XVIIIe siècle, c’est un nouvel Anne Hédelin que nous retrouvons, Anne Antipas Hédelin. Il fut, entre autres charges, officier municipal à Nemours, juge au tribunal de Fontainebleau, administrateur et président du département, avant d’être nommé maire de Nemours le 4 août 1808. Il devient, le 19 juillet 1810, propriétaire du château de Nemours, château qu’il va rétrocéder à la ville 18 mois plus tard, faisant une belle plus-value au passage… Peut-être motivée par le remords, sa fille, Nathalie, fera don de 80 000 F à Nemours. C’est ainsi que la ville donnera son nom à une rue, qui le porte toujours.

En illustration : François Hédelin

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 11 – une rue ]

 

La rue Hédelin

C’est le 14 février 1876 que la rue Neuve devint rue Hédelin : une manière de remercier Nathalie Hédelin pour le don qu’elle fit de 80 000 F à l’Hôtel-Dieu (l’hôpital) de Nemours, mais une façon aussi de rendre hommage à une famille dont l’histoire se mêle alors à l’histoire de la ville depuis près de deux siècles.
Si la rue Neuve fut choisie pour changer de nom, c’est qu’elle longeait le parc de la propriété que possédait Nathalie Hédelin, au 41 du quai Victor Hugo (nom actuel).
Avant de devenir rue Hédelin, la rue Neuve portait bien son nom ! En effet, il fallut la créer de toute pièce. En 1791, la ville, étant devenue trop petite pour loger tous ses habitants, il fallut envisager de créer un nouveau quartier. Jean-Edme Girault, alors officier municipal, et par ailleurs entrepreneur en bâtiment, acquit, le 21 mars 1791, ce qu’on appelait alors Le Clos, lequel appartenait alors à la congrégation de Notre-Dame. Il avait pris soin de faire adopter préalablement (le 26 février de la même année) le tracé de cette rue, « neuve » donc.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 12 – 2e partie – un bâtiment ]

 

Le bâtiment de l’actuelle mairie – après 1791

C’est le 22 juin 1791, pour 16 300 livres, que la ville de Nemours acquiert le couvent de la congrégation Notre-Dame, alors devenu bien national. À titre indicatif, la construction des bâtiments avait coûté plus de 100 000 livres à la congrégation…
Devenu « hospice », pour en gommer toute référence religieuse, l’hôtel-Dieu (l’hôpital) y fut alors transféré depuis la place Saint-Jean (actuelle place de la République), où il se trouvait depuis les origines de la ville et sa construction par Gauthier 1er. Il occupa alors plus de la moitié de l’espace disponible de l’ancien couvent, dont le corps de logis principal. Un second corps de bâtiment accueillit un collège, de filles et de garçons, jusque là situé rue des Grands-Courties (actuelle rue Serpente). Enfin, les services municipaux de la ville s’installèrent dans les locaux restants. En 1810, le collège et les services municipaux déménagèrent de nouveau, pour permettre l’agrandissement de l’hospice.
Blessés et malades y furent accueillis jusqu’en… 1977, soit pendant près de deux siècles ! Ce n’est, en effet, que le 1er mars 1977 que l’hôpital fut de nouveau transféré dans les bâtiments que nous connaissons aujourd’hui.
Et ce n’est qu’en 1985, après un réaménagement des lieux, que la mairie s’y installa à son tour.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 13 – une rue ]

Rue du Docteur Chopy

 

Présente dès les origines de la ville au XIIe siècle, la rue, alors nommée rue des Ouches débutait rue du Petit-Pont (actuelle rue de Paris) et s’achevait place du Marché au Blé (actuelle place Jean Jaurès). On appelait « ouches » les petits jardins clos, plantés de vergers et de potagers, attenants aux maisons bordant la rue. En 1650, la rue devient rue des Religieuses, du fait de la présence de la congrégation Notre-Dame dans les bâtiments de l’actuelle mairie. Elle prend, plus tard, le nom de rue Mirabeau, pendant quelques années seulement, avant de devenir rue de l’Hospice en 1794, l’hôpital ayant remplacé le couvent… En 1938, enfin, elle prend son nom actuel de rue du Docteur Chopy, en hommage au docteur Henri Chopy, médecin dévoué de l’hospice de Nemours.
Du XVIIe au XIXe siècle, les notables occupent la rue. On y trouve la maison de Charles de Montliart, seigneur de Puiselet et marquis de Rumont, époux de Catherine de Verton, dont le père était Conseiller du Roi et Trésorier de France. On y trouve aussi celle de la famille Prieur de la Comble et celle de Jeanne Jars, morte centenaire, dont le mari était propriétaire des mines de cuivre de Chessy et dont le fils épousa Louise-Eugénie Prieur de la Comble.
Plus près de nous, c’est au n° 25 de la rue que les services des P.T.T. occupèrent une grande maison bourgeoise pendant plus d’un siècle, jusqu’en 1978.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 14 – un bâtiment ]

L’hôtel de ville de la rue Gaston Darley ou La Crosse

 

C’est en 1616 qu’il est fait, pour la première fois, mention de La Crosse dans un acte officiel. Il s’agit d’une grande maison bourgeoise, alors vendue pour 2200 livres, située dans l’actuelle rue Gaston Darley, du côté des numéros pairs.
La maison change de mains à de nombreuses reprises avant de devenir, en 1694, la propriété de la famille Bertrand, devenue Bertrand des Terriers par anoblissement.
En 1781, Marie Delphine Bertrand des Terriers occupe La Crosse, qu’elle vend à la Ville de Nemours en 1810 pour la somme de 11 000 livres. Le prix en est très élevé
Le préfet ne s’opposera pourtant pas à la transaction, ayant reçu l’assurance du maire qu’aucun frais supplémentaire ne serait nécessaire pour y installer l’hôtel de ville.
Au rez-de-chaussée furent installés le logement du gardien et les services municipaux. Dans la cour se situait l’appartement du gardien de la police municipale. Au premier se trouvaient la salle du Conseil et la bibliothèque.
Et cela dura jusqu’en 1957 !

 

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 15 – un bâtiment ]
La bibliothèque municipale

 

L’histoire de l’actuelle bibliothèque municipale se mêle étroitement à celle de l’hôtel de ville de la rue Gaston Darley. En effet, avant d’acheter l’hôtel de La Crosse en 1810 pour en faire la mairie, la Ville s’était déjà portée acquéreur de ses dépendances en 1778, dans ce même but… C’est le chanoine de Melun, ancien curé de Saint-Aspais, Gilles Léonard Bertrand des Terriers, alors propriétaire des lieux, qui consentit à vendre les annexes de La Crosse aux officiers municipaux qui lui en avaient fait la demande.
Mais il fallut rapidement se rendre à l’évidence : ne comptant que deux salles et situé aux abords immédiats du Loing, le bâtiment ne convenait pas à ce projet. L’exiguïté et l’humidité des lieux rendaient impossible l’installation de l’hôtel de ville dans ces locaux !
Le rez-de-chaussée abrita donc (très peu de temps !) une caserne pour les gendarmes à chevaux. Quant à l’étage, il hébergea d’abord les élèves du collège venus jouer les tragédiens, ce qui valut à la salle d’être baptisée « Salle des Arts ». Tout ce que Nemours comptait alors d’enfants de bonnes familles s’y retrouvait pour y jouer « Le Barbier de Séville » ou encore « La Chose impossible ».
La Ville chercha à vendre le bâtiment, mais, n’y parvenant pas, se résolut à le rénover. C’est ainsi que, jusqu’en 1975, le rez-de-chaussée accueillit une école maternelle et l’étage, la Société de Musique.
Et c’est en 1980 que la bibliothèque prit possession des lieux.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 16 – 1re partie – une rue ]

La rue Gaston Darley – avant 1810

 

Située entre l’église et le château, communiquant avec le Loing, la rue Gaston Darley fait partie des rues les plus anciennes de Nemours. La rue reliait l’actuelle rue Gauthier 1er au grand pont, aujourd’hui disparu. Cette rue ne pouvait alors être baptisée autrement que rue du Grand Pont. Mais, le temps faisant son œuvre, la rue devint, en 1809… rue du Vieux Pont ! La municipalité d’alors n’étant pas à un paradoxe près, c’est l’année précédente, en 1808 qu’avait été prise la décision de détruire le pont, le nouveau pont ayant été inauguré quatre ans plus tôt (en 1804).
Dès ses origines, la rue est très animée. On y fait son marché (d’où son surnom, d’abord de rue du Marché au Beurre, puis de rue du Marché), ou on l’emprunte pour gagner les remparts. C’est par une porte fortifiée, fermée la nuit, qu’on accède alors au pont.
Dès 1539, des hôtels y ouvrent leurs portes : l’hôtellerie du chef Saint-Jean, à l’angle de la rue de l’Abreuvoir, par exemple, mais aussi l’hôtellerie des mousquetaires, celle du Dauphin ou celle de la Fleur de Lys.
Des notables s’y établissent, attirés par sa situation géographique en centre-ville. Ainsi, au XVIIe siècle, peut-on y croiser des maîtres-chirurgiens, comme Jean Perrault ou Nicole Vimard, lequel habite, dès 1644, la maison située à l’angle de la rue du Prieuré et demeurée intacte jusqu’à nos jours.
Enfin, en 1810, c’est l’hôtel de ville qui s’y installe, pour de très longues années.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 16 – 2e partie – une rue ]
La rue Gaston Darley – de 1810 à 1970
 
En 1839, la mairie étant alors installée dans l’actuelle rue Gaston Darley depuis près de trente ans (1810), celle-ci change de nom et devient rue de l’Hôtel-de-Ville, pour un peu plus d’une siècle. Ce n’est qu’en 1949, en effet, que « le Conseil Municipal, à l’unanimité des membres présents (…) décid(a) que la Rue de l’Hôtel de Ville portera(it) désormais le nom de Rue Gaston Darley ». Insigne honneur accordé à un ancien maire, né, et ayant vécu pendant très longtemps dans la rue.
Mais revenons un peu en arrière…
On le sait, le XIXe siècle sera marqué par la Révolution Industrielle. Au n° 3 de la rue de l’Hôtel de Ville, en plein cœur de Nemours donc, prenant appui sur les murs du château, l’usine Darley Renault ouvre ses portes en février 1886. Une trentaine d’ouvriers y fabriquent ou réparent des machines agricoles, fiers de travailler dans une des plus importantes industries du secteur de France. La production se poursuit jusqu’en 1962. En 1965, la Ville procède à l’expropriation des lieux. Des travaux de réaménagement peuvent alors commencer.
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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 16 – 3e partie – une rue ]

La rue Gaston Darley – après 1965
Le quai du Loing

 

C’est sous l’impulsion d’Étienne Dailly, alors maire de Nemours, que fut prise la décision de réaménager les bords du Loing, au bout de la rue Gaston Darley, à gauche et à droite, de façon à pouvoir circuler librement depuis le château jusqu’à l’église. À ce titre, 1966 fut une année charnière.
La Ville demande le classement du château et lance une première campagne de restauration du bâtiment.
Les usines Darley Renault, expropriées l’année précédente, sont détruites, dégageant la façade du château. Disparaissent également le lavoir et les toilettes publiques, situés sur le quai du Loing, puis, en 1970, la maison dite «carrée», initialement adossée aux remparts et datant de 1800, ainsi, petit à petit, que des hangars et d’autres bâtisses situées sur les bords du fleuve.
L’idée initiale, respectée depuis, consiste à aménager un grand espace vert s’étendant du château au Grand Pont.
Les travaux débutent en 1976 par la création d’un premier jardin derrière l’église, contigu au presbytère. Ils se poursuivent aux pieds du château, par l’implantation d’un second jardin reliant la deuxième cour du château aux berges du Loing. Parallèlement, un chemin est ouvert entre ce jardin et la première cour du château.
Il faudra attendre les années 80 pour que les services municipaux achèvent les aménagements situés entre le fleuve et le château.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 17 – un homme ]

Étienne Dailly (1918 – 1996)

 

Homme politique de premier plan, Étienne Dailly a marqué à jamais la physionomie de Nemours, dont il fut le maire de 1965 à 1977. Ambitieux, il eut à cœur de faire entrer Nemours dans l’ère moderne. C’est en matière d’urbanisme qu’il exerça surtout ses talents, fidèle à sa formation, acquise à l’École Supérieure des Travaux Publics de Paris. En effet, c’est à son initiative que les usines Darley Renault furent détruites, libérant la façade du château, à son initiative encore que le château fut classé, toujours à son initiative que les quais du Loing furent aménagés. Exemples parmi d’autres…
Mais il n’y a pas qu’à Nemours et Moncourt-Fromonville, dont il fut le maire de 1957 à 1965, qu’Étienne Dailly se fit connaître. Présent sur la scène politique nationale dès 1959, il conservera des mandats jusqu’en 1995. Sénateur de Seine-et-Marne (1959-1995), Président du conseil Général de Seine-et-Marne (1967-1979), Vice-Président du Sénat (1968-1995)…, Étienne Dailly met au service de la collectivité ses qualités de juriste, au point que Jacques Chirac, en 1986, alors qu’il occupe lui-même le poste de Premier Ministre auprès de François Mitterrand, veut le nommer Garde des Sceaux, nomination à laquelle le Président Mitterrand s’opposera.
En 1995, enfin, René Monory, alors Président du Sénat, le nommera membre du Conseil Constitutionnel. Étienne dailly n’occupera pas la fonction très longtemps. Il mourra l’année suivante, à la veille de Noël.

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[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 18 – une rue ]

L’avenue Étienne Dailly

 

C’est au lendemain de la mort de l’ancien maire que Nemours décide de donner son nom à l’avenue, jusque là appelée avenue de Stalingrad. En effet, Étienne Dailly s’éteint le 24 décembre 1996 et le conseil municipal prend la décision de renommer l’avenue le 3 février 1997. Le choix est judicieux : la voie conduit à quelques-uns des nombreux chantiers initiés par celui qui fut le premier magistrat de la commune de 1965 à 1977. Parmi ceux-là : l’ouverture de l’autoroute, le Mont-Saint-Martin, le gymnase Chérelles, le stade intercommunal, le collège Arthur Rimbaud, la piscine Tournesol, le musée de Préhistoire…, pour ne citer que les réalisations proches de l’avenue qui porte désormais son nom. En quelques années seulement, Étienne Dailly a radicalement modifié la physionomie de Nemours, multipliant les projets et faisant résolument entrer la ville dans l’ère moderne. Œuvrant sur tous les fronts, il décida de l’implantation d’une usine de retraitement des ordures ménagères et d’une station d’épuration des eaux usées, mais aussi d’un foyer des anciens (le foyer Paul Vincent), d’une Maison des Jeunes et de la Culture, d’un dispensaire (rue de Beauregard), d’un groupe scolaire (le groupe Théophile Lavaud), du stade intercommunal, de La Poste (quai des Tanneurs), d’un terrain de camping… Et la liste n’est pas exhaustive. Nemours lui devait bien une rue !
C’est l’avenue de Stalingrad, ainsi baptisée en 1967, qui a été choisie pour changer de nom en ce 3 février 1997. La voie était récente. En effet, elle fut créée en 1960 seulement et porta d’abord opportunément le nom de rue de Sens.

avenue etienne dailly

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 19 – un bâtiment ]

Le Lycée Bézout

 

Le lycée Bézout que nous connaissons est l’aboutissement d’une histoire qui débute en 1609 avec la fondation d’un collège, lequel ouvre ses portes, rue des Grands-Courtils (actuelle rue Serpente), le 22 septembre exactement.
Le principal de l’établissement, logé sur place, perçoit alors 150 livres par an, allouées par la Ville à l’entretien de l’école. À cela s’ajoute une rente de 40 livres par an, accordée par Claude Thiballier, fondateur du collège, à la condition que trois enfants, désignés par lui ou par ses successeurs, y apprendraient le latin. En 1750, l’établissement, qui accueille une soixantaine de pensionnaires, est définitivement trop petit. Il déménage rue des Religieuses (actuelle rue du Dr Chopy). Le principal en est alors M. Lescuyer, par ailleurs curé de Bagneaux-sur-Loing.
En 1809, les services de la mairie s’installent dans les locaux du collège, lequel est alors transféré rue du Centre (actuelle rue Bézout). L’établissement bénéficia de nombreux agrandissements successifs, la municipalité rachetant peu à peu les maisons du quartier à cet effet.
C’est le 14 août 1876 qu’est prise la décision de donner le nom d’Étienne Bézout à l’école.
En 1964, l’établissement est scindé. Le collège d’enseignement général reste en ville. Le lycée-C.E.T., quant à lui, est transféré à la Cité Scolaire, dans des locaux nouvellement construits. Ce ne fut qu’en 1995 qu’il occupa les bâtiments que nous lui connaissons aujourd’hui. Au fronton de l’établissement, on peut lire le signe chinois Tsai, qui signifie «force», «talent», «qualité». De bon augure pour un lycée.
Le collège, de son côté, n’occupa un établissement flambant neuf de la Cité Scolaire qu’à la rentrée de 1974. Il perdit son nom dans le déménagement, prenant celui de collège Arthur Rimbaud. Il resta dans les locaux jusqu’en 2003.
Le collège du centre ville fut détruit en 1975, laissant place à ce qui restera le «trou Bézout» jusqu’en 1981.

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 20 – 1re partie – un homme ]

Étienne Bézout – avant 1764

 

Étienne Bézout naît à Nemours le 31 mars 1730. La ville compte alors aux alentours de 3000 habitants. La famille du garçon n’est pas riche. Elle se compose essentiellement de marchands pauvres, souvent endettés, parfois illettrés. Seul le père de l’enfant semble s’en être sorti : il est juriste, habilité à instruire les dossiers, mais pas à les plaider.
Au XVIIIe siècle, on n’enseigne pratiquement pas les mathématiques. Quelques cours de géométrie, d’arithmétique et d’algèbre sont dispensés dans les collèges. Rien de plus ! Les études supérieures, quant à elles, se résument à intégrer une des trois facultés suivantes : celle de Droit, celle de Théologie ou celle de Médecine.
En 1750, à la mort de son père, le jeune Étienne hérite de 8288 livres, une somme confortable qui lui permettra de subvenir à ses besoins pendant les quelques années qui suivront, qu’il occupera, en grande partie, à travailler avec Jean le Rond d’Alembert sur son Traité de dynamique, et Louis-Antoine de Bougainville sur son Traité du calcul intégral. Ce dernier ne tarit pas d’éloges sur son assistant, qu’il juge «très habile maître de mathématiques».
Le 18 mars 1758, Étienne Bézout est élu à l’Académie Royale des Sciences dans la classe de Mécanique. Académicien adjoint, il n’est pas rémunéré. Il devra donc chercher d’autres moyens de subsistance. Il prend des élèves qui lui assurent un petit revenu, mais ce ne sera très vite plus suffisant, avec la naissance de son premier enfant en 1761. À cette époque sont créées les premières écoles militaires à haut niveau scientifique. Voilà qui va changer sa vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 20 – 2e partie – un homme ]

Étienne Bézout – après 1764

 

En 1764, Étienne Bézout est un des membres les plus actifs de l’Académie Royale des Sciences, quand Étienne-François de Choiseul, ministre de la Marine, lui propose la charge d’Examinateur des écoles de Gardes de la Marine. Le mathématicien ne peut refuser une telle opportunité, qui les met enfin, sa famille et lui, à l’abri du besoin. Sa première tâche consistera à rédiger un cours, L’Arithmétique, qui paraît en novembre, et qui sera suivi de nombreux autres.
Mais, entre la rédaction des cours et les nombreux voyages que lui imposent ses fonctions d’examinateurs, le scientifique ne trouve plus guère le temps de fréquenter l’Académie, moins encore de poursuivre sereinement ses recherches. De fait, il faudra attendre 1779 pour qu’il y présente enfin son Traité général des équations algébriques, traité sur lequel s’appuie l’algèbre moderne. Le sujet est boudé par l’Académie et d’Alembert lui-même le considère comme ne présentant «aucune difficulté». Le calcul infinitésimal et la mécanique céleste paraissent davantage dignes d’intérêt à ces messieurs.
La même année, Bézout a le chagrin de rater de peu son élection au rang d’académicien pensionnaire et rompt avec d’Alembert. Il sera finalement élu en 1782, quelques mois seulement avant de s’éteindre le 27 septembre 1783 dans sa maison des Basses-Loges, près de Fontainebleau, d’une «fièvre maligne». Nous le savons aujourd’hui. Le scientifique est mort, avec beaucoup d’autres de ses contemporains, des suites de l’inhalation de vapeurs d’acide sulfurique occasionnées par l’éruption du volcan islandais Laki.
Les mathématiques modernes lui doivent beaucoup, jusqu’à donner son nom à certaines de ses découvertes, aujourd’hui considérées comme essentielles : l’identité de Bézout (enseignée en Terminale), le théorème de Bézout (un des plus importants de la Géométrie algébrique) et le bézoutien (qui a de nombreuses applications dans la mise au point d’algorithmes).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 21 – une rue ]

Rue Étienne Bezout

Présente dès le Moyen-Âge, la rue Bezout, alors rue des Boucliers ou rue des Bouchers, parallèle à la rue du Château (actuelle rue Gautier Ie), offre à ses habitants, dès ses origines, le double avantage d’être à la fois calme et proche du centre animé de la ville. À ce titre, elle va immédiatement attirer une population de notables.
C’est d’ailleurs ainsi qu’elle deviendra, en 1720, rue Bourgeoise (ou rue des Bourgeois), avant de devenir rue du Centre autour de 1800, et, enfin, rue Bezout en 1817, perdant au passage son accent aigu, pourtant présent dans le nom d’Étienne Bézout, mathématicien réputé, à qui elle rend hommage. Et en effet, la famille Bézout y vécut, comme de nombreuses autres familles aisées, parmi lesquelles on rencontre des savants, notaires, officiers, maires, baillis, procureurs du roi, barons d’Empire…
Ainsi, par exemple, le n° 9 de la rue abrita Pierre Berthier (1782 – 1861), chimiste de renom, avant d’accueillir, pour de longues années, l’école des Frères des écoles chrétiennes. L’établissement déménagea une première fois en 1930, avant de s’installer définitivement, en 1953, sur la propriété de la Roche au Coq, à Saint-Pierre-lès-Nemours.
La rue Bezout était décidément la rue de l’enseignement, à Nemours. En effet, outre l’école chrétienne, elle compta, dès 1809, un collège, devenu collège Bézout en 1876, et un pensionnat de jeunes filles, sis au n° 21, ce dès 1687.
Au n° 15 vivait, au XIXe siècle, un homme dont la ville a retenu le nom : Julien Gréau. Riche bourgeois, il acquit peu à peu les 203 parcelles qui constituent aujourd’hui Les Rochers Gréau. Il fit clôturer sa propriété, mais la laissa ouverte aux habitants qui en firent un lieu de promenade apprécié. Son petit-fils, désireux de vendre le domaine, le céda à un groupe de six généreux mécènes, qui l’achetèrent sur leurs deniers et en firent don à la ville de Nemours le 17 mai 1931.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 22 – 1re partie – un livre ]

Ursule Mirouët

 

C’est rue Bézout à Nemours, ou plutôt rue Bourgeoise à cette époque, qu’habite Ursule Mirouët, l’héroïne du roman éponyme de Balzac. Dans l’extrait qui suit, le tuteur de la jeune fille, le docteur Minoret, est conduit jusqu’à la maison par son neveu : « Le Loing traverse onduleusement la ville, bordé de jardins à terrasses et de maisons proprettes dont l’aspect fait croire que le bonheur doit habiter là plutôt qu’ailleurs. Lorsque le docteur tourna de la Grand-Rue [actuelle rue Gauthier Ie] dans la rue des Bourgeois [actuelle rue Bézout], Minoret-Levrault lui montra la propriété de M. Levrault, riche marchand de fers à Paris, qui, lui dit-il, venait de se laisser mourir. ». Comme on peut le constater, Balzac s’affranchit ici de la réalité cadastrale, la Grand-Rue n’ayant jamais conduit directement à la rue des Bourgeois. Nécessité littéraire faisant loi, l’auteur va plus loin avec la description de la maison : « Voilà, mon oncle, une jolie maison à vendre, elle a un charmant jardin sur la rivière. ». Or, point de rivière derrière la rue des Bourgeois ! Mais il fallait, pour des raisons dramatiques, que la jeune fille vive à la fois dans la rue la plus recherchée de la ville (propre à exciter la jalousie de la famille de son tuteur) et dans un environnement bucolique, voire romantique (favorable à l’épanouissement du sentiment amoureux chez la demoiselle). Or, quoi de plus romantique qu’un jardin donnant sur le Loing !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ l’Histoire en histoires… ] [ épisode 22 – 2e partie – un livre ]

Ursule Mirouët

 

« En entrant à Nemours, du côté de Paris, on passe le canal du Loing dont les berges forment à la fois de champêtres remparts et de pittoresques promenades à cette jolie ville » : telle est la première phrase du roman de Balzac, Ursule Mirouët. Le paysage n’a guère changé et chacun pourra le reconnaître facilement.
Quand il rédige ces lignes, Balzac est en résidence à Grez-sur-Loing, au manoir de la Bouleaunière, propriété de son amie Mme de Berny. D’après les propres aveux du romancier à sa confidente, Mme Hanska, il ne lui aura fallu que vingt-et-un jours pour rédiger Ursule Mirouët. Nous sommes en 1830, mais il faudra attendre 1841 pour que le texte soit publié dans Le Messager.
On l’aura deviné : Balzac n’est pas en terrain inconnu quand il décrit Nemours. Et c’est sciemment qu’il prend avec la réalité les libertés nécessaires à son projet littéraire.
« Du côté du Gâtinais, Nemours est dominé par une colline le long de laquelle s’étendent la route de Montargis et le Loing. L’église, sur les pierres de laquelle le temps a jeté son riche manteau noir, car elle a sans doute été rebâtie au quatorzième siècle par les Guise, pour lesquels Nemours fut érigé en duché-pairie, se dresse au bout de la ville, au bas d’une grande arche qui l’encadre. Pour les monuments comme pour les hommes, la position fait tout. Ombragée par quelques arbres, et mise en relief par une place proprette, cette église produit un effet grandiose. » Si tout n’est pas rigoureusement exact dans cette description de l’église, la présentation du bâtiment au lecteur, empreint de solennité, en fait le décor idéal du drame qui se joue. C’est sur la place devant l’église qu’apparaît, pour la première fois, Ursule Mirouët, jeune fille pieuse au cœur pur, dont Balzac va nous raconter l’histoire, une histoire où se mêlent amour et héritage, religion et ésotérisme…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ l’Histoire en histoires ] [ épisode 23 – 1re partie – un bâtiment ]

L’église, avant 1650

 

C’est au XIIe siècle que Gauthier Ier entreprend de faire bâtir l’église. De ces premières œuvres ne reste aujourd’hui probablement que le clocher-porche, le bâtiment ayant été très sérieusement endommagé pendant la guerre de Cent Ans, tout comme le fut la ville, entièrement détruite en seulement quelques jours en 1358. Au début du XVIe siècle, l’église est reconstruite, à commencer par le chœur, daté de 1513, puis le chevet, et enfin les chapelles, dont l’une date de 1548. Le bénitier, toujours en place aujourd’hui à la porte de l’église, est contemporain des chapelles, datant de 1547. Les travaux sont suspendus pendant une cinquantaine d’années et reprennent au XVIIe siècle, la proximité du chantier royal de Fontainebleau facilitant les choses (Louis XIII ordonna, en 1610, l’achèvement du château de Fontainebleau). Ainsi, l’architecte du roi en personne, dessine-t-il les plans de l’église de Nemours, plaçant de hautes fenêtres dans la nef, ainsi qu’une charpente en bois, plus légère qu’en pierre, laquelle sera exécutée par Claude Gautrot, charpentier à Nemours. Les travaux, débutés en 1631, s’achèvent en 1650.

Visuel : la Ville de Nemours au début du XVIIe siècle. Gravure de Claude Chastillon de 1611 représentant l’église dans une certaine confusion puisque le clocher est situé à la croisée d’un transept imaginaire et que l’orientation de l’église est fausse (chevet au nord).

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

[ l’Histoire en histoires ] [ épisode 23 – 2e partie – un bâtiment ]

L’église, après 1650

 

À partir de 1650, l’église va profiter de l’essor économique grandissant de Nemours, qui atteindra son apogée au XVIIIe siècle. Les aménagements vont se poursuivre. Ainsi, par exemple, un orgue et un retable y seront-ils installés en 1653 et 1654 ; cinq cloches seront commandées en 1672 et des grilles posées en 1699, suivies de lambris en 1702 et de bancs en 1769. C’est la révolution française qui mettra un terme à cet inventaire, ordonnant la vente des biens du clergé. À Nemours, cette vente aura lieu fin 1790 aux Récollets, où l’administration du district est installée depuis le 12 juin. Pour autant, l’église n’aura pas à subir de dégradations sérieuses pendant cette période agitée, les nemouriens restant attachés, semble-t-il, à leurs racines chrétiennes. À partir de là, c’est la Ville qui prendra en charge l’entretien du bâtiment. Et le XIXe siècle va se révéler particulièrement vorace en travaux, notamment à cause des intempéries et des conditions climatiques : épisodes de grêles, eaux pluviales, humidité intérieure du bâtiment…
Le 15 octobre 1841, l’église est classée monument historique, avant d’être déclassée le 22 octobre 1894, pour la raison suivante : « l’église de Nemours ne présente pas au point de vue de l’art un degré d’intérêt suffisant » ! Mais elle le sera de nouveau et définitivement, conjointement au château, en 1977, sous l’impulsion d’Étienne Dailly.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

[ l’Histoire en histoires ] [ épisode 24 – un homme ]

François-Joseph Barbier

 

François-Joseph Barbier naît à Paris le 3 janvier 1835. Il est le quatorzième enfant de Joseph Barbier, inspecteur de la Navigation Fluviale, et Marie Alexandre. Dès l’âge de treize ans, il est envoyé chez son oncle, curé à Autun, pour suivre les cours de Grammaire du Petit Séminaire. Adam Vigne, vicaire de Montereau, remarque l’enfant et convainc ses parents de lui faire poursuivre son enseignement au Grand Séminaire à Meaux. C’est le 11 décembre 1859, à presque vingt-cinq ans, que François Barbier est ordonné prêtre par Mgr Allou, évêque de Meaux. Il sera successivement affecté à Reuil-en-Brie, La Ferté-sous-Jouarre, Lagny, Chanconin-Neufmoutiers, Moussy-le-Vieux, Villenoy et Meaux, avant d’être nommé curé-doyen de Nemours, d’où, titulaire, il ne bougera plus, jusqu’à sa mort survenant pendant la Première Guerre mondiale.
Convaincu que, «dans les beautés répandues sur le globe par la main du Créateur, le chrétien puise des raisons d’adorer sa toute puissance», le chanoine Barbier prend à cœur d’organiser le faste de son église, afin de canaliser les émotions des visiteurs et de convertir des fidèles. C’est le style néo-gothique qu’il choisit pour ce faire, et qu’il développe dans une unité de style chère à Viollet-le-Duc. Il fait retirer le retable Renaissance et commande successivement un maître-autel en pierre, un autel et une verrière pour la chapelle sud, puis de nouveau un autel et une verrière, pour la chapelle nord cette fois-ci. Il fait également retirer les boiseries de l’église pour en dégager les éléments architecturaux d’origine et ordonne la restauration des arcatures. Il commande encore une nouvelle chaire, faisant don de l’ancienne à l’église de Château-Landon, change le mobilier, ajoute des tapis…
Il donne à l’église le visage que nous lui connaissons aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ l’Histoire en histoires ] [ épisode 26 – une œuvre ]

La pietà de Justin-Chrysostome Sanson

 

C’est en 1868, alors qu’il rentre de Rome, que Justin-Chrysostome Sanson reçoit la commande de sa pietà.
Le commanditaire en est Édouard Dumesnil, un riche bourgeois de Nemours, qui a perdu sa femme, sa fille et son petit-fils, et désire leur dédier un ex-voto funéraire. Il précise au sculpteur qu’il souhaite «une pietà à l’instar de celle de Michel-Ange». L’œuvre, achevée en 1869, est exposée au Salon où une médaille lui est attribuée, mais une médaille hors-concours, le jury en jugeant les sentiments «superficiels», comme en témoigne Paul Mantz dans La Gazette : «Rien de personnel dans La Pietà de M. Sanson».
La guerre de 1870 retardera la fonte du bronze, exécuté par le fondeur Barbedienne pour la somme de 4500 F., qui ne sera finalement livré qu’en 1871 à l’église de Nemours. De son côté, l’État commandera à l’artiste une version en marbre, qui sera présentée au Salon de 1876 et à l’exposition universelle de 1878, et que l’on peut désormais admirer au musée du Havre. Plusieurs plâtres ont également été réalisés, dont un pour l’église de Puiseaux.
La pietà de l’église Saint-Jean-Baptiste sera déplacée plusieurs fois, avant d’être définitivement installée, par les soins du chanoine Barbier, derrière le maître-autel. En 1891, dans un courrier daté du 3 octobre, Sanson offre à la Ville, en complément, un bas-relief en bronze représentant la résurrection du Christ, dont les frais de fonte ont été pris en charge pour moitié par le curé-doyen de Nemours. Outre ce bas-relief et la pietà, deux autres œuvres du sculpteur ornent encore l’église : une statue de Saint-Pierre et une de Saint-Sébastien.

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ l’Histoire en histoires ] [ épisode 27 – un homme ]

Justin-Chrysostome Sanson

 

Justin-Chrysostome Sanson naît à Nemours, dans une famille modeste, le 9 août 1833. Son père, Antoine-Chrysostome, aubergiste, est alors âgé de 65 ans, et sa mère, Marie-Anne Cantot, a 35 ans. Il commence ses études au collège de Nemours avant d’intégrer l’école communale de dessin et de sculpture « rue Ménilmontant », à Paris, puis d’entrer à l’école des Beaux-Arts le 12 octobre 1854. C’est là qu‘il réalise, pour le compte du Conseil Général de Seine-et-Marne qui le subventionne, la statue de Saint-Sébastien figurant aujourd’hui au patrimoine de l’église Saint-Jean-Baptiste de Nemours.
En 1859, il concourt pour le prix de Rome, mais n’obtient que le second prix. Il devra attendre 1861 pour remporter le premier et rejoindre la villa Médicis pour cinq ans, où il va travailler d’arrache-pied en dépit d’une santé fragile. Là, il rencontre de nombreux architectes, qui lui confieront des commandes officielles à son retour en France, notamment pour les Tuileries, le Louvre ou l’Opéra. À son retour donc, il s’installe à Paris, tout en conservant son logement à Nemours. Sa carrière va décoller très rapidement, portée en cela par le succès de la Pietà, présentée en 1869 et maintes fois primée. Sculpteur classique au talent désormais reconnu, récompensé à plusieurs reprises au Salon et aux Expositions Universelles, il est nommé juré adjoint pour le Grand Prix de Rome en 1902. Les commandes se succèdent et l’épuisent de plus en plus. Jeanne d’Arc sur le bûcher aura raison de ses dernières forces. Il s’éteint le 1er novembre 1910. Ses funérailles auront lieu à l’église Saint-Jean-Baptiste, à Nemours, et il reposera au cimetière de la ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ l’Histoire en histoires ] [ épisode 28 – un projet ]

Le château-musée

 

C’est d’abord un projet d’école d’art que caresse Justin-Chrysostome Sanson, dès 1884, à Nemours, proposition que décline la municipalité d’alors, qui penche plutôt pour la création d’un musée au château. Le défi est relevé en 1901 par le sculpteur, accompagné d’Adolphe Ardail, imprimeur en taille-douce et d’Ernest Marché, peintre paysagiste, qui se regroupent pour former le Comité de restauration du Vieux Château, lançant une première souscription en août de la même année dont le but est d’abord de restaurer les lieux, qui en ont bien besoin. À l’hiver, charpentes, toitures et tourelles sont comme neuves, et les planchers sont posés. Le don des œuvres est officialisé lors du conseil municipal du 20 décembre 1901, avec, pour seule condition, leur maintien permanent au château. Le fonds, d’une valeur estimée alors à 20 000 F., se compose de dessins, pastels, peintures, gravures et sculptures.
Une seconde souscription, lancée en juillet 1902, soutenue par des subventions allouées par la Ville et le Conseil Général, permet l’achèvement des travaux. Parallèlement, le Comité de restauration du Vieux Château devient, en novembre, la Société des amis du Vieux Château. L’autorisation lui est donnée d’utiliser le rez-de-chaussée du bâtiment pour exposer les grandes statues. L’inauguration du musée a lieu le 18 octobre 1903, seulement deux ans après la naissance du projet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[ l’Histoire en histoires ] [ épisode 29 – une rue ]

La rue Sanson

 

Avant le XVIIe siècle, en remontant la rue du Château en direction des moulins, pour se rendre à la porte de la Joye, une tour de défense pourvue d’un pont-levis permettant de franchir les petits fossés, on prenait la rue du Marché aux Avoines (jusqu’à l’impasse du Moulin), puis la rue de la Joye, on traversait la place du Marché aux porcs, et on terminait par la petite rue des Récollets. En 1910, la municipalité honorera Justin-Chrysostome Sanson en réunissant les rues du Marché aux Avoines et de la Joye sous son nom : rue Sanson.
Jusque là, c’est à l’abbaye de la Joye-lès-Nemours, qui abritait une communauté de moniales, que la tour de défense et la rue devaient leurs noms. L’abbaye, dépendante de l’ordre de Citeaux, fut fondée en 1231 par le seigneur des lieux, Philippe II de Nemours, aux portes de la ville. La légende raconte qu’elle doit son nom à une scène touchante s’étant déroulée à ses pieds : la reine Blanche de Castille, venue à la rencontre de son fils, le roi Louis IX, dit saint Louis, à son retour d’une expédition contre les anglais, le serra tendrement contre son cœur dans un geste maternel d’une grande douceur.
La tour fut démolie en 1692 et remplacée par un pont en 1701. Quant à la place du Marché aux Porcs, elle porte désormais le nom de place Dupont de Nemours.